Abandonner un emploi “prestigieux”

Abandonner un emploi “prestigieux”

7 min | 26/09/2019

Laisse tomber ce "précieux" job avant de finir cramé !

 

Certaines déceptions font plus mal que d’autres. Être déçu par le job de ses rêves en fait partie. Parfois le poste n’est pas conforme à ce qu’on nous a présenté en entretien et parfois ce sont nos attentes qui évoluent.

Dans un cas comme dans l’autre, la chute est brutale. La meilleure solution revient souvent à abandonner ce “job de rêve” pour s’engager sur un autre poste, voire une autre voie.

Prendre une telle décision peut paraître inconcevable en particulier quand le job que tu occupes est un emploi considéré comme “prestigieux/avantageux”. 

Nous allons te montrer comment un job de rêve peut se transformer en prison et comment s’en échapper.

 

 

La Joie des Débuts

 

Ça y est, tu l’as fait ! Après des années à lui courir après, tu as réussi à décrocher LE job de tes rêves. Et ce n’est pas un euphémisme. Cela fait des lustres que tu fantasmes dessus. La veille de ta prise de poste, tu imagines déjà les changements que cela va apporter dans ta vie.

Tu t’apprêtes à basculer dans une nouvelle dimension. À atteindre le firmament. Bref ta quête touche à sa fin. Enfin, ça, c’est ce que tu croyais...

Car passé la joie des débuts, quelque chose te dérange. Au début, tu n’y prêtes pas attention. Aveuglé par ton intitulé de poste ronflant, tu ignores cette étrange sensation d’inconfort. Tu t’en accommodes et t’immerges dans ta nouvelle fonction, mais plus les jours passent et plus cette démangeaison s'accentue. Cela t’irrite, cela te ronge.

Puis un jour, tu comprends. Tu comprends que ce poste que tu convoitais tant ne te satisfait pas. Tu n’es pas épanoui et logiquement, tu commences par prendre peur.

“Si ce super poste ne me plaît pas, qu’est-ce que je vais bien pouvoir devenir ?”

“Ce n’est pas normal, ce poste est censé me plaire”

 

 

 Le sentiment de Frustration

 

Vu de l’extérieur, ton poste paraît plus que satisfaisant. Peut-être même que ton entourage te regarde avec admiration quand tu parles de ton métier. Flatteur ? Certainement. Déchirant ? Assurément. Dans un tel contexte, il est très difficile de dire aux gens : 

“Ouais, mais en fait, j’en ai marre de ce poste.”

Encore plus quand le taux du chômage patine et les emplois précaires prolifèrent. Et puis, tu n’as pas envie d’être la personne qui crache dans la soupe, celui qui fait la fine bouche. Par conséquent, il devient très difficile de reconnaître son mal-être professionnel et encore plus d’en parler. 

 

Tu n’as pas envie d’être la personne qui crache dans la soupe

 

 

Pour résumé : Objectivement, tu as une bonne situation et la vie semble te sourire. Mais de ton point de vue, subjectif, tu n’arrives pas à être satisfait par cet emploi qui fait pourtant tant rêver.

À cause de cette situation déchirante, nous pouvons nous retrouver très facilement prisonniers d’un emploi “prestigieux” qui ne nous plaît pas véritablement.d

 

 

S'échapper de la Prison Dorée

 

Deux types de réactions sont alors observables. Pour plus de simplicité, nous allons faire appel à Francky et Vincent. Nos deux amis occupent des postes prestigieux.

Francky ferme les yeux sur sa situation et fait comme si tout allait bien. Son travail fait des envieux. De peur de passer pour une personne difficile, il fait avec et évite de se poser des questions. Au bureau, il affiche un sourire plus forcé qu’un tir de Kobe Bryant.

Si Francky travaille dans un milieu pressurisant, on l’imagine facilement nous faire un petit Burn-out des familles ou une mid-life crisis bien sentie. Dur.

Vincent, lui, a les yeux grands ouverts. Il réalise qu’il n’est pas heureux. Pris de panique, il se demande ce qu’il fait là. Du jour au lendemain, il envisage d’envoyer tout valser, de poser sa lettre de démission et d’aller élever des huskies en Alaska.

Il déteste le froid et ne fait pas la différence entre un husky et un doberman. Mais bon, peu importe, tout ce qu’il veut, c’est s’échapper de cette situation si frustrante.

 

 

Il y a ceux qui se mentent et ceux qui s'en vont. 

 

 

Ces deux exemples peuvent sembler extrêmes, mais ne sont pas si éloignés de la réalité. Il y a ceux qui se mentent et ceux qui s'en vont. Chacun est libre de se faire son avis sur la question, mais je considère que la réaction de Franky est la plus dangereuse sur le long terme.

Pour se tirer de cette prison dorée, il est d’abord important de remettre les choses à plat et d’analyser posément la situation. Chose très difficile à faire en étant dans le rush du travail.

Pour commencer, j’encourage ceux qui peuvent se le permettre à poser quelques jours de congés/RTT/arrêt maladie pour couper avec l’environnement de travail et faire le point en se posant les questions suivantes :

 

Quelles étaient tes attentes initiales ?

Ce “poste de rêve” que tu détestes désormais n’est pas tombé du ciel. Pour l’avoir, tu as forcément dû faire un certain nombre d’efforts. Pour comprendre là où ça coince, il est pertinent de revenir sur tes attentes initiales. En gros, qu’est-ce que tu attendais de ce poste de rêve ? Un joli salaire ? La reconnaissance sociale ? Un gros nom sur ton CV ? L’approbation de tes parents ? 

À la prise de poste, quels étaient tes moteurs ?

 

 

Le job de tes rêves est-il conforme avec tes attentes initiales ?

Il arrive parfois qu’un job qu’on trouvait sympa de l’extérieur, soit finalement décevant, une fois en poste. C’est un risque souvent sous-estimé au moment de prendre un poste. Tu auras beau faire mille entretiens d’embauche, il y aura toujours un risque que le poste que tu prends soit différent de celui qu’on t’a “vendu”.

Dans ce cas de figure, il est clair que ton employeur est responsable de ta situation. Dans un sens on pourrait presque parler de vice caché au sujet du job en question. Si c’est le cas, ne perds pas ton temps et commence déjà par chercher un nouvel employeur sur ce poste...ou même dans un autre domaine. Après tout, le monde est à toi !

En revanche, la situation devient plus épineuse si ton job actuel répondait à tes attentes initiales. Cela veut tout simplement dire que tes désirs ont évoluées ou alors que certaines attentes que tu refoulais sont remontées et souhaite être satisfaites. 

Par exemple, supposons que tu as cravaché 2 ans pour devenir responsable évènementiel. Ton nouveau poste est prestigieux et tu es plutôt compétent. Cependant, tes nouvelles responsabilités ne te laissent plus le temps de t’adonner à ta passion dévorante : le dessin et la peinture. Forcément, cette situation contraignante à un impact sur ton bien-être. Et sur le long terme, tu finis par ne plus t’y retrouver. 

 

Faire le deuil de ce job de rêves 

Étape extrêmement importante. Admettre qu’on souhaite quitter un job prestigieux et envié n’est pas une mince affaire. Ceci est principalement dû au cout irrécupérable (ou “sunk cost fallacy” pour les fans de Shakespeare).

Pour faire simple, nous sommes des créatures irrationnelles. Plus tu investis de ressources dans quelque chose et plus il est difficile d’y renoncer. Dans notre cas, tu as surement investi beaucoup de temps et d’efforts pour décrocher ce poste “prestigieux”. Pour cette raison, il te sera très difficile de faire une croix dessus.

Tu auras cette impression d’avoir gâché ton temps et ta sueur pour rien et pour éviter de ressentir cette sensation de gâchis, il est plus facile de continuer à faire ce métier qui t’ennuie que de l’abandonner. Ce constat est encore plus véridique si ton poste est perçu comme étant prestigieux/classe/noble. En effet, en y renonçant, tu auras peut-être l’impression de perdre un certain statut social. 

 

Plus tu investis de ressources dans quelque chose et plus il est difficile d’y renoncer. 

 

 

Mais tout est question de perception. Dans les faits, les compétences et connaissances que tu auras acquises sur ton job "prestigieux" et même avant te seront toujours utiles. Après tout le savoir est la seule chose qui ne périme jamais. Quant au prestige du poste, c’est surtout de la flute. C’est le plaisir que nous prenons au travail qui lui donne de la noblesse, le reste n’est que bullshit, vanité et préjugés.

 

En parler à ses proches et briser le tabou

 

De toute façon, si tu comptes quitter ton poste, cela finira par se voir et se savoir. Pour éviter les questions encombrantes de ton entourage proche, je t’invite à prendre les devants et à leur parler de ta situation. N’en fais pas une faiblesse, mais une force. Une fois que tu as décidé de renoncer à ton poste de rêve, discutes-en avec eux avant de quitter ton employeur.

Ceci est loin d’être anodin. Plus ton entourage comprendra les motifs de ton insatisfaction et mieux il pourra te soutenir pour la suite de tes aventures. Par ailleurs, cela te permettra de repérer les personnes de ton entourage qui ont une influence positive sur ta vie pro et ceux qui ont une influence néfaste. Identifier ceux qui te soutiennent vraiment te sera très utile dans ta prochaine aventure (reconversion, entrepreneuriat, expatriation, etc).

 

 

Et après ?

 

Tu as pris ton courage à deux mains et tu as abandonné ce job faussement alléchant ? Bravo ! Il faut une sacrée dose de courage pour parvenir à le faire. Mais maintenant, une question demeure : par quoi vas-tu remplacer ce “job de rêve”. La Nature a horreur du Vide. Ton Esprit également. Après avoir pris le temps de digérer la déception de ton emploi précédent, il est temps de se poser LA question :

 

"Qu’est-ce que je veux VRAIMENT faire ?"

 

Malheureusement, la réponse à cette question intemporelle ne tombe pas du ciel. C’est quelque chose qu’il faut construire brique par brique. Cela passe par un travail d’introspection, mais aussi par beaucoup d’Action. Tu vas me trouver affreusement cliché, mais sortir de ta zone de confort augmentera drastiquement tes chances d’avoir un déclic.

Par exemple multiplier les expériences inédites et sortir de son cercle social sont de bonnes pistes à explorer. 

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